La vie au pré : mode d’emploi.

Bonjour bonjour !

Je reviens vers vous aujourd’hui pour discuter du mode de vie optimal pour nos compagnons à sabots : le pré. Bien que cela remplisse un bon nombre de critères qui respectent les besoins fondamentaux des chevaux, il y a des choses bonnes à savoir pour offrir les meilleures conditions de vie possibles à poupou sans que cela ne vire à la catastrophe.


  • Le cheval au naturel
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Crédits photo : Hélène. C

Il est important de partir de la base des bases pour comprendre pourquoi le pré est LA solution.

Pour commencer, l’activité phare du cheval est ? Manger pardi ! (un peu comme moi en somme). En effet, c’est ce qui compose 70% de son activité journalière, soit une bonne quinzaine d’heures par jour consacrées à brouter, et il peut consommer jusqu’à 10Kg de fourrage par jour (en moyenne pour un équidé de 500kg). Il ingère donc sa nourriture en petites quantités mais très fréquemment. Tout son système digestif est donc bien évidemment conçu pour ce type d’alimentation.

Il passe alors une bonne partie de sa journée à se déplacer, pour s’alimenter, s’abreuver etc. Ils sont donc de base, habitués à une grande activité physique, et ont besoin d’une liberté de mouvements.

Ensuite, c’est animal grégaire, qui a besoin d’interactions sociales et de contacts avec ses congénères, de jouer, de se gratter mutuellement, d’avoir une hiérarchie sociale etc… car comme on le voit si bien, les chevaux dans la nature vivent en troupeau.

  • Les bienfaits du pré
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Crédit photo : Mareva. C / Uppercut de Chalusse

Comme vu précédemment, et vous l’aurez compris par vous même, la vie au pré est ce qui permet à notre cheval de répondre au mieux à ses besoins naturels, notamment de s’alimenter à sa guise plutôt que de ne recevoir que 2 ou 3 repas par jours ingurgités en quelques heures à peine (et parfois même trop peu complémentés en fourrage, base de leur alimentation), de se dépenser, d’échanger avec ses congénères pour tout simplement avoir un poupou bien dans ses sabots qui saura bien vous le rendre lors de vos moments passés ensembles.

Cela pourra aussi éviter l’apparition de certains troubles comme un cheval qui tic, qui fait des ulcères, qui est anxieux, qui a bien trop d’énergie etc. Bien évidemment certains de ces troubles doivent être au préalable contrôlés par un vétérinaire pour en établir leur cause, mais parfois la vie au pré peut se montrer être une bonne solution.

Au delà de combler les besoins fondamentaux de votre cheval, il soulage aussi votre porte-monnaie (c’est donc un bien pour un bien), et ne vous oblige pas à devoir monter touuuuuuuus les jours parce que sinon il est enfermé H24…

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Crédits photo : Anaïs Prudhomme / Falcone de Galande


Passons maintenant
aux règles à adopter et aux choses à savoir pour que cette vie idéale se passe sereinement pour vous deux.

  • Un espace de vie propice aux accidents 
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Crédit photo : Anaïs Prudhomme / Falcone de Galande

Il est important pour commencer que les clôtures soient en bon état (éviter les barbelés, fils de fer…), pour ne pas que poupou ne se blesse ou ne s’échappe. C’est le B.A-BA.

Ensuite, dans le cadre d’une vie en troupeau, il est franchement recommandé que les chevaux soient au moins déferrés des postérieurs en cas de coups lors de jeux ou de bagarres, car un coup non ferré fera quand même moins de dégâts que des fers….

Pour terminer, ce n’est pas parce que votre cheval vit en autonomie qu’il n’a pas besoin d’être surveillé sérieusement et régulièrement, que ce soit l’état du pré (clôtures, eau, fourrage etc…)  ou son état général (état de la ferrure, état général, petits bobos et j’en passe).

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Crédits photo : Anaïs Prudhomme / Falcone de Galande

L’aménagement du pré
doit par conséquent être conçu en prévention de tous ces petits soucis.

*Il est d’ailleurs recommandé de quand même avoir de quoi isoler un cheval (abri, box) dans de bonnes conditions en cas de blessure ou de maladie.
*Il est aussi préférable d’offrir un hectare par cheval,  et de quoi s’abriter du vent, des intempéries, du soleil (arbres et/ou abris).
*Ne pas intégrer un cheval n’importe comment dans un troupeau déjà conçu mais y aller progressivement et en fonction du système hiérarchique pour éviter de grooooosse bagarres.
*Et pour finir, inspecter régulièrement le pré, et les chevaux.

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Crédit photo : Manon. R

  • On y mange bien, mais pas n’importe quoi… 
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Crédit Photo : Angélique D

En effet si le pré respecte au mieux la vie alimentaire du cheval, il y est sujet à divers risques :

. 1 . Les plantes toxiques 
Notamment les érables, responsables de la myopathie atypique, les fougères aigles, les Sèneçons de Jacob, le millepertuis, les boutons d’or, le trèfle, les glands, l’If, l’érable etc… (liste non exhaustive), qui peuvent entraîner de plus ou moins graves problèmes, certains allant jusqu’à la mort (se référer à la liste des plantes toxiques ci dessous, et vérifier leur niveau de toxicité, certains plantes sont plus dangereuses que d’autres).

Solution – inspecter régulièrement le pré, et retirer es plantes toxiques s’il y en a.

Liste des plantes toxiques d’Europe < 

. 2 . Les risques de fourbure 
En effet, selon les saisons la richesse de l’herbe varie, et si en hiver il est souvent difficile de se passer de compléments, l’herbe de printemps peut carrément présenter un risque vital pour les chevaux sujets à l’embonpoint et/ou la fourbure.

Solution – laisser de l’espace au cheval progressivement pour qu’il ne s’alimente pas trop vite d’herbe trop riche. Surtout si ton poupou est du genre à grossir rien qu’en léchant des cailloux…. 

. 3 . Les crottins…. 
Il est important de veiller à l’entretient des pâtures pour éviter l »infestation par les vers. Parfois même si vous traitez votre cheval mais ne respectez pas certaines règles fondamentales, vous risquez de faire ça dans le vide….

Solution – traiter tous les chevaux en même temps avec des vermifuges contenant les molécules adaptées pour tuer les vers présents à chaque saison (4x par an), veiller à l’entretient des pâtures (nettoyer les crottins) voir faire tourner les pâtures (vermifuger, laisser agir, et changer de pré pour le nettoyer complètement lorsque les chevaux n’y sont plus). 

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Crédits photo : Danaë C / Gooey du Faux Miroir

  • Les maladies qu’un cheval au pré peut rencontrer 

. 1 . La dermite estivale récidivante des équidés (D.E.R.E) 
Qui touche un bon nombre de chevaux allergiques aux piqûres d’insectes à l’arrivée des beaux jours, et qui occasionne des démangeaisons poussant le cheval à se gratter parfois jusqu’au sang…

Des traitements existent, mais leur efficacité est plus ou moins aléatoire en fonction des chevaux (il faut tester pour savoir si ça fonctionne)… le meilleure reste tout de même à les protéger des insectes, soit en les rentrant aux heures les plus chaudes, en couvrant avec une couverture adaptée, et en utilisant des produits apaisants en complément.

. 2 . Winter is coming…. les soucis de pied et de peau aussi ! 
Je pense honnêtement que l’hiver est la période fatidique des poupous qui vivent des jours paisibles au pré… La boue, l’humidité, le combo responsable de pas mal de petits soucis comme la dermatose, la gale de boue, les fourchettes pourries et j’en passe !

Pour cela, il est bon qu’un cheval ait de l’espace, pour ne pas piétiner tout le temps dans les endroits boueux, même s’ils restent inévitables et se concentrent souvent aux mêmes points stratégiques (abreuvoirs, râteliers, sorties de pré, abris…). Stabiliser les sols et changer de place abreuvoirs et râteliers peut être une solution.
Il est bon qu’il ait de quoi s’abriter de l’humidité (arbres, abri), et ne pas hésiter à couvrir avec une petite couverture imperméable légère si cela est possible.

Il existe aussi de nombreux produits pour apaiser et guérir ces maladies, notamment :


Voilà voilà, ce petit article est terminé. J’espère qu’il vous aura suffisamment informé. Le pré est l’espace de vie idéal, mais bien sûr cela nécessite de la prévention et de la surveillance pour que tout se passe bien.
Certains chevaux sont bien évidemment plus ou moins sensibles et fragiles aux aléas de ce mode de vie, par conséquent, à vous de trouver les méthodes les plus adaptées à sa santé et son moral.

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Crédits photo : Danaë C.

Si vous avez des astuces, remèdes, expériences à ajouter n’hésitez pas à le faire par commentaire, je serais ravie de vous lire et cela pourra renseigner d’autres personnes.

A très vite,

Danaë

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2 réflexions sur “La vie au pré : mode d’emploi.

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